Vie quotidienne

Mon expérience du travail au Japon : mon emploi dans un supermarché


Avant de commencer à vous raconter un peu comment j’ai vécu ces six mois en tant qu’employée dans un supermarché, je vais revenir sur une petite mésaventure qui m’est arrivée lors de mon premier jour… ou tout du moins ce qui aurait dû être mon premier jour.
Suite à mon entretien d’embauche, je vous avais dit que j’en étais ressortie avec un emploi 5jours/semaine 5heures/jour. J’avais tout d’abord un entraînement pour que je me familiarise avec le fonctionnement de la caisse qui est très différent de ce que l’on connait en France. Mais j’y reviendrai.


Me voilà donc arrivée sur place, on me confie à ma responsable du jour et, alors que je suis en train de mettre la veste qui sert d’uniforme, le patron arrive et dit à ma responsable que je ne vais pas pouvoir faire l’entrainement aujourd’hui car ils ne savent pas si mon visa permet de me faire travailler ici.
Pour rappel, j’avais à l’époque un visa vacance-travail.
Ma responsable me demande alors très gênée pour moi de lui rendre la veste et d’attendre qu’on en sache plus. Leur problème était en fait que j’étais tout bonnement la première étrangère à venir travailler chez eux et qu’ils n’avaient aucune idée de ce qui leur était légalement permis de me faire faire. Bien que je leur ai certifié lors de l’entretien d’embauche que j’avais la permission de travailler 28h/semaine dans tout secteur qui ne soit pas interdit (cabaret, bars, prostitution etc.), eux n’en avaient pas eu la certitude et avaient dû contacter l’immigration.


Comme vous vous en doutez, une fois que tout ça a été clarifié, je suis revenue faire mon essaie.
En ce qui concerne les supermarchés où j’ai pu me rendre, l’encaissement se fait toujours en deux temps. Le caissier passe tout d’abord vos articles sur une première caisse et réalise l’encaissement sur une deuxième. Cela sert à faire passer les clients plus vite car le temps que le premier client règle, vous pouvez vous occuper du suivant et scanner ses articles.
Pas de chèque au Japon, on règle en espèce le plus souvent ou bien en carte bancaire ou bien carte de métro (Je parlerai des cartes de métro dans un prochain article mais vous pouvez considérer ça comme un porte monnaie). Toutes les caisses sont automatisées et le rendu monnaie sort directement vers vous pour que vous le montriez au client en détaillant chaque billet. On vous le fera à chaque fois, peut-importe où vous allez.
Au départ j’étais si stressée que j’avais du mal à dire combien je rendais au client et me contentais de lui dire au revoir. Car il faut bien connaître ses nombres et ici on parle souvent en milliers (100yen correspondant à environ 0,80ct d’euros, je le rappelle). Une fois le stress passé, ce n’était plus un problème.


Une fois que j’ai été habituée à la caisse, on m’a laissé aller faire de la mise en rayon. Nous étions une équipe de trois ou quatre suivant les soirs plus notre manager et nous prenions nos tours. Une heure de caisse, une heure de rayon et ainsi de suite jusqu’à la fin de notre shift.
Pour la mise en rayon ce qui était le plus compliqué pour moi était finalement de répondre aux questions des clients ! Difficile de donner l’emplacement d’un produit qui nous est complètement inconnu dans une langue qui n’est pas la notre. Je devais alors aller demander à un de mes collègues d’aider le client à ma place. Au fur et à mesure que je me suis familiarisée avec les produits ce genre de problème était moins fréquent mais ça reste très frustrant.


Outre la mise en rayon et la caisse, je devais aussi aller remettre les paniers à dispositions. Les Japonais faisant les courses au jour le jour pour la très grande majorité, pas de chariots si ce n’est ceux qui servent à porter les paniers. Je devais aussi remettre des sacs en plastique, préparer ceux pour la caisse ( car viandes, poissons et légumes sont à emballer individuellement, les produits d’hygiène intime sont eux à mettre dans des sacs opaques), faire le tour des rayons pour enlever les étiquettes promotionnelles et sortir les poubelles.
Une fois mon shift terminé, je devais aller pointer, valider mon shift, enlever ma veste, récupérer mes affaires et dire otsukaresamadeshita ! (ce que l’on dit pour remercier quelqu’un d’un travail fourni) en partant à mes collègues. Il y avait toujours une très bonne ambiance entre nous, mes collègues m’aidaient volontiers et les deux managers du soir étaient de vrais amours -avec moi comme avec les autres!


Pour ce qui est des clients, ils étaient très étonnés au départ de voir une étrangère derrière la caisse puis j’ai commencé à faire partie du décor et j’avais même mes clients « à moi ». Ils étaient tous vraiment très tolérants et comprenaient bien que je ne pouvais pas aussi bien faire qu’un natif. C’était assez apaisant. Certains étaient assez curieux et me demandaient d’où je venais, ce que je faisais au Japon et j’ai même eu des petits mots en français ! Il y a également eu des gens qui préféraient attendre plutôt que de passer avec moi mais je pense que c’était par peur qu’on ne se comprenne pas plus que par réelle volonté de m’éviter moi, l’étrangère.


Je tire un très bon souvenir de cet emploi et je conseille fortement de trouver un tel travail car il n’y a rien de mieux que la clientèle et le travail d’équipe pour améliorer le niveau de langue et la découverte et l’apprentissage de la culture. Et aussi se faire des amis !

Laisser un commentaire